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Comment analyser la consommation des ménages : les propensions et les élasticités.


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d'après un manuel de seconde édité chez Armand Colin en 1987

1. Les coefficients budgétaires

Pour étudier la façon dont un ménage répartit ses dépenses de consommation, on calcule des proportions ou coefficients budgétaires : rapport à la consommation totale ( au dénominateur) des dépenses consacrées à un bien ou un service ( au numérateur). On multiplie par 100 pour obtenir un pourcentage.

 

X 100

Exemple Coefficient budgétaire pour l'alimentation :

Dépenses de produits alimentaires : 250 €uros

Consommation totale : 1 250 €uros

Coefficient budgétaire pour l'alimentation :

X 100 = 20 %

 

2 Les Propensions

2.1. La notion de propension à consommer

Le revenu, une fois déduits cotisations sociales et impôts directs, c'est-à-dire le revenu disponible R, est affecté à deux emplois exclusifs : la consommation C et l'épargne E.

R = C + E

Cette identité comptable va permettre de calculer des tendances appelées propensions.

Le rapport, à un moment donné, entre le montant en valeur absolue de la consommation et celui du revenu, se nomme la propension moyenne à consommer.

= propension Moyenne à consommer

Il indique la part du revenu employée aux dépenses de consommation.

Exemple : Si le revenu disponible d'un ménage, au mois de janvier, est de 2000 Euros que ses dépenses s'élèvent à 1 500 €, la propension moyenne à consommer est égale à


On peut aussi l'exprimer en pourcentage en multipliant la fraction par 100; on obtient donc 75 %. Ceci signifie que 75 % du revenu sont affectés à la consommation.

De même, le rapport, à un moment donné, entre le montant de l'épargne et celui du revenu, s'appelle la propension moyenne à épargner.

la propension moyenne à épargner

On observe que + = = = 1


propension Moyenne à consommer + propension moyenne à épargner = 1

On trouve ainsi directement la propension moyenne à épargner du ménage cité dans l'exemple : elle est de 25 %. Vérifions : montant de l'épargne :

2 000 € - 1500 € = 500 €.

= = 0,25 ou 25%

Cette répartition du supplément de revenu est analysée par les propensions marginales a consommer et à épargner.

2.2. Les propensions marginales

Si l'on appelle :

ΔR la variation du montant du revenu entre deux périodes (lire « delta R »),
ΔC celle du montant de la consommation,
ΔE celle du montant de l'épargne,

est la propension marginale à consommer

Dans notre exemple,= 0,70 ou 70%

ceci veut dire que 70 % du revenu supplémentaire sont affectés à la consommation.

est la propension marginale à épargner


Dans l'exemple, = 0,30 ou 30%; 30 % de l'accroissement du revenu sont employés à l'épargne.

On vérifie que

+= = 1

Propension marginale à Consommer + Propension marginale à Épargner = 1

N.B. Il ne faut pas confondre le montant de la consommation, qui est une valeur absolue et la propension moyenne à consommer, qui est une valeur relative. Un ménage X peut très bien avoir un niveau de consommation inférieur à celui d'un ménage Y et une propension à consommer plus élevée. Ce qui est somme toute assez logique : quand le revenu s'élève, la consommation augmente mais moins vite que le revenu!

Vérifiez avec l'exemple suivant :

 

  Année 1 Année 2
Durand  Laville Durand Laville
Revenu 14 000 28 000 15 000 29 500
Consommation 11 900 22 400 12 400 22 900

 

 

3 Les élasticités

3.1. Les élasticités consommation-revenu

Le concept d'élasticité est un concept général. On peut la définir comme le rapport entre la variation relative d'un comportement ou d'une variable économique et la variation relative du factrur générateur.

Soit une fonction y = f (x). On considère :

 

Quand le revenu varie, la consommation totale et les différents postes de consommation se modifient, mais pas nécessairement de la même manière. Pour préciser ces évolutions, on cherche à mesurer la réaction, la sensibilité de telle ou telle consommation (ou de l'ensemble de la consommation) à un changement du montant du revenu par des coefficients d'élasticité.

 

 

Élasticité consommation /revenu =

Variation en % de la consommation

Variation en % du revenu

Si on reprend l'exemple du §1, la consommation s'est accrue de 20 0/o tandis que le revenu augmentait de 25 %. L'élasticité, dans ce cas, est 20

Il s'agit d'un nombre sans dimension (il n'a pas d'unités).

Ceci veut dire que lorsque le revenu varie de x %, la consommation varie de 0,8 fois x

Une autre formulation est possible; avec les mêmes notations

Élasticité consommation/revenu =

- Élasticité positive de la demande par rapport au revenu

Si cette élasticité est supérieure à 1, cela signifie que la croissance de la consommation concernée est plus rapide que celle du revenu. C'est le cas des produits dits "supérieurs" qui sont valorisés par une augmentation du niveau de vie. Le jeu de cette élasticité contredit parfois celui de l'élasticité de la demande par rapport au prix.

-Si cette élasticité est égale à 1, la consommation croît à la même vitesse que le revenu.

 

- Élasticité négative de la demande par rapport au revenu : Si cette élasticité est inférieure à 1, la consommation augmente moins vite que le revenu. C'est le cas des biens dits "inférieurs" qui voient d'autres biens se substituer à leur consommation quand le revenu augmente.la demande et le revenu varient en sens contraire. Si la demande diminue quand le revenu augmente.

Quelques valeurs de l'élasticité consommation-revenu (calculées au point moyen de la période 1949-1965).

 

Transports et télécommunications 

1,3

1,6

Alimentation 

0,2

0,4

Habillement .

1,8

0,95

Habitation

0,8

1,2

Hygiène et santé 

0,4

2,8

Culture, loisirs, distractions 

1,2

1,5

Hôtels, cafés, restaurants, etc

0,91

1,1


Une analyse plus détaillée des élasticités -revenus de longue période permet de distinguer dans la consommation alimentaire :


3-2 L'élasticité prix

C'est le rapport entre la variation relative de la consommation,(de la quantité demandée) d'un produit et celle du prix de ce produit qui en est la cause.

Elle mesure la sensibilité de la demande par rapport au prix en répondant à la question : lorsque le prix varie d'un certain pourcentage, dans quelle proportion la demande va-t-elle varier ?

Cette approche permet de réaliser une typologie des produits d'après leur élasticité de demande par rapport au prix.

L'inélasticité de la demande par rapport au prix : la demande varie peu lorsque le prix varie dans un sens ou, dans l'autre. C'est le cas de beaucoup de produits de première nécessité ; cette caractéristique peut amener les gouvernements à taxer ces produits qui seront de toute façon consommés (exemple du sel sous l'Ancien Régime ) ou de l'essence actuellement). t


L'élasticité de la demande par rapport au prix : la demande varie fortement en réponse à toute augmentation ou diminution du prix. C'est le cas de tous les produits qui ne sont pas indispensables ou qui ont des substituts très accessibles.

Les élasticités non classiques : pour certains produits, on constate que la demande s'accroit lorsque le prix augmente; l'élasticité prix positive peut être expliquée par « l'effet de snobisme » : les clients potentiels se méfient d'un produit bon marché, ils consomment lorsque le prix est plus élevé.

On constate parallèlement que pour certains biens la baisse du prix de vente n'amène aucune élévation de la demande et peut même provoquer sa baisse. C'est le cas des biens dits inférieurs, c'est-à-dire ceux pour lesquels la demande est saturée ou pour lesquels se substituent d'autres consommations : les téléviseurs « noir et blanc » en France, par exemple.

L'élasticité de la consommation par rapport au prix mesure la sensibilité de réaction des quantités consommées (demandées) à une variation de prix. Si la quantité demandée d'un bien baisse de 2 % à la suite d'une hausse de prix de 1 %, on peut dire que l'élasticité de la demande de ce bien par rapport à son prix est de = -2

 

 

- Élasticité positive de la demande par rapport au revenu : la demande augmente quand le revenu augmente. C'est le cas des produits dits « supérieurs » qui sont valorisés par une augmentation du niveau de vie. Le jeu de cette élasticité contredit parfois celui de l'élasticité de la demande par rapport au prix.

- Élasticité négative de la demande par rapport au revenu : la demande et le revenu varient en sens contraire. Si la demande diminue quand le revenu augmente, il s'agit de produits dits « inférieurs » qui voient d'autres produits se substituer à leur consommation du fait de l'augmentation du revenu. A l'inverse, il s'agit de revenir à des consommations compatibles avec le nouveau revenu plus faible.


3-3 - L'élasticité de la demande par rapport aux dépenses de publicité

Elle mesure la sensibilité de la demande par rapport aux dépenses de publicité engagées sur un produit.

La typologie des produits selon l'élasticité de la demande par rapport aux dépenses de publicité té se réalise selon la même grille que pour l'élasticité de la demande par rapport au revenu.

- Élasticité positive de la demande par rapport aux dépenses de publicité : les campagnes réalisées induisent une augmentation de la demande.

- Élasticité négative de la demande par rapport aux dépenses de publicité : elle atteste de l'inefficacité des dépenses de publicité sur la stimulation de la demande (rejet ou indifférence).

Exercice :

Un société de spiritueux constate que la demande d'un apéritif varie dans les conditions suivantes :

Prix de vente possible
12€
13€
14€
15€
16€
17€
18€
19€
Quantités suceptibles d'être vendues en milliers
50
60
80
95
130
120
100
70

Comment expliquer l'évolution de la demande en fonction du prix pour cet apéritif?

 

ses@ac-versailles.fr

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