Quels sont les avantages et les limites de la mondialisation actuelle ?


Dissertation


DOCUMENT 1 


La dynamique du commerce mondial

Part des exportations dans le PIB
1986
1991
1996
Etats-Unis

Japon

Allemagne

Royaume-Uni

France

Corée du Sud

Brésil

Mexique

7,0

11,7

32,8

26,7

22,2

38,3

9,4

21,5
9,6

10,5

26,8

23,3

24,5

28,6

9,1

17,6
10,8

10,4

25,5

28,6

25,0

32,2

7,4

33,1

Le Monde du 26 mai 1998 & Alternatives économiques, 4è tri. 1998.

DOCUMENT 2
Dans le dernier quart de siècle, les investissements directs à l'étranger ont été multipliés par 25 et s'établissent à 350 milliards de dollars. De 1945 à 1993, on a ouvert à la concurrence internationale les secteurs industriels, soit 25 % à 30 % des richesses qui constituent le PIB mondial. Depuis la fin de l'Uruguay Round, en 1994, le mouvement s'est étendu avec une libéralisation progressive de l'agriculture, des télécommunications, des technologies de l'information et des services financiers. Au total, c'est près de la moitié des biens et services qui constituent le PIB mondial qui seront libéralisés.

Cette intégration croissante de l'économie est bonne pour le bien-être mondial, postulent les partisans du libre-échange. " La concurrence internationale n'est pas un jeu dangereux dans lequel certains gagnent d'autres perdent, elle présente des avantages pour tous et c'est le moteur de la prospérité et de la croissance", estime Gerhard Abel, en charge de la direction des échanges à l'OCDE.

Martine Laronche, Le Monde, 26 mai 1998.

 

DOCUMENT 3
Dans le cas de la France, il est certes probable que les exportations ont en moyenne moins de contenu en emplois et plus de contenu en qualifications que les importations. Dès lors, un solde négatif des emplois directement liés au commerce extérieur est dans la nature des choses. Mais, symétriquement, les revenus supplémentaires gagnés par le secteur exportateur sont disponibles pour engendrer de l'emploi interne. Il n'y a donc en théorie aucune raison que l'emploi soit pénalisé par la mondialisation. Dans la pratique, les choses sont évidemment plus complexes.

D'une part, les emplois menacés par la mondialisation sont très différents de ceux qui pourraient être créés. Cela signifie qu'on ne transforme pas instantanément une ouvrière du textile en infirmière, ou un agriculteur du Sud-Ouest en gérant de fast-food. On comprend que, pour les personnes directement concernées, la transition soit souvent douloureuse et quelquefois impossible.

D'autre part, la mondialisation, comme le progrès technique, accuse les conséquences des écarts de qualification. Malheur à ceux qui sont directement concurrencés par les travailleurs des pays émergents. A contrario, il n'y a plus guère de limite aux revenus que peuvent capter ceux qui dominent la compétition mondiale.

J.-M. Charpin, Chroniques économiques, les grands dossiers de 1997, Le Cercle des Economistes, Descartes et Cie, 1997.

 

DOCUMENT 4

FIBV

 

DOCUMENT 5
Les flux financiers, qui étaient fortement réglementés et concernaient essentiellement l'espace national, ont connu un essor très rapide à partir de la fin des années soixante-dix. En effet, la multiplication des innovations financières, la contagion des mesures de déréglementation, et les facilités ouvertes par les techniques modernes de transmission et de traitement de l'information ont complètement transformé les conditions d'équilibrage de la balance des paiements et la détermination des taux de change. Dans les années quatre-vingt-dix, les arbitrages des salles de change visent à assurer une optimisation des rendements à une échelle mondiale, et ce en temps continu. Ainsi, les flux financiers sont en 1993, cinquante fois plus importants que les transactions correspondant aux exportations de biens et services.

De ce fait, les politiques économiques et financières nationales en ont été complètement transformées. Les milieux financiers internationaux évaluent et anticipent en permanence les décisions des pouvoirs publics, au point de constituer un contre-pouvoir, certes anonyme, mais puissant. On serait tenté d'y voir la fin de l'autonomie de l'Etat-nation.

Robert Boyer, "Le temps des nations n'est pas fini", in L'état du monde 1994, pp. 573-574, La Découverte.

 

DOCUMENT 6
Nous sommes dans un monde de mobilité et de fluidité et de moins en moins dans des logiques de ghetto. (...) Toute la logique de la mondialisation (…) montre que le monde de ghetto, que ce soit en Bosnie, à Chypre ou en Palestine, n'est pas réalisable. Comme il n'était d'ailleurs pas "jouable" en Afrique du Sud. Dans un monde de mobilité, il faudra de plus en plus apprendre à vivre avec l'autre. Il faudra donc apprendre à dépolitiser l'ethnique, à dépolitiser la culture. C'est-à-dire prendre le sens exactement contraire de celui qu'empruntent un certain nombre de tenants (…) de la "ghettoïsation" des cultures. Le respect deviendra une utilité sociale parce qu'il deviendra la condition première du nouveau contrat social : la condition première de la coexistence dans un monde dominé par l'impératif de mondialisation, c'est-à-dire par l'interdépendance. (…) Ce n'est pas la mort de la culture, mais la redécouverte du politique comme moyen de transcender les cultures. Exactement comme autrefois l'espace public national fut un moyen de transcender les différences culturelles qui existaient dans l'espace privé.

Bertrand Badie, "Quelle place pour l'Etat-nation ?" in Sciences humaines, hors série n° 17, juin-juillet 1997.

 

ses@ac-versailles.fr