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La socialisation

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Pourquoi mangeons-nous avec une fourchette plutôt qu'avec nos doigts ?

Pourquoi dit-on « bonjour » à une personne connue ?

Pourquoi la plupart des individus trouvent-ils naturels de se conformer à un emploi du temps ?

Pourquoi, en voiture, s'arrête-t-on au feu rouge ?

Nous montrerons dans ce chapitre que la vie en société n'est pas innée et qu'elle devient possible s'il y a eu un apprentissage préalable appelé socialisation. En effet, bien que nous n'en ayons pas toujours conscience, la plupart de nos actions sont, à des degrés divers, codifiés par des règles, influencées par des situations ou conditionnées par des apprentissages sociaux. Cette dimension sociale des comportements se révèle, y compris, dans les actes les plus anodins.

Nous verrons comment les valeurs et les façons de ses comporter que l'on nous inculque détermine notre personnalité sociale.

I. Qu'est-ce que la socialisation ?

A- La socialisation permet la participation à la vie sociale :

Exploitation du travail sur le film.

a- Vivre en société, cela s'apprend.

questions 1, 2 et 3.

b- La différence inné/acquis.

questions 4 et 5.

c- La transmission de normes et de valeurs.

questions 6 et 7.

d- Les différents modes d'apprentissage.

question 8.

Synthèse :

questions 9 et 10.

B- Un processus : socialisation primaire/ socialisation secondaire.

La socialisation est un processus continu car chaque fois que l'individu est dans un nouveau milieu social, il doit se socialiser à ce nouveau contexte. On peut distinguer à la manière de Peter Berger et de Thomas Luckmann : socialisation I et II.

La première socialisation qu'un individu subit dans son enfance est la socialisation I grâce à laquelle un individu devient membre de la société. C'est la socialisation secondaire qui lui permet, par la suite, de d'intégrer à de nouveaux groupes et espaces sociaux. Cette dernière se situe souvent dans le prolongement de la socialisation I, ms elle peut aussi s'inscrire en rupture par rapport à elle. Rechercher des ex : armée, entreprise, association, parti politique, syndicat...

II. Les instances de socialisation :

A- La famille et l'école, deux instances primordiales :

Aujourd'hui les agents de socialisation les + importants sont la famille et l'école. C'est dans ce cadre que l'enfant puis l'ado va forger sa personnalité sociale et acquérir les bases essentielles du comportement social.

1. La famille

Bien que concurrencée par l'école, la famille demeure, en matière de socia°, l'institution fondamentale.

Texte Hachette 2nde p. 64.

La socialisation familiale La famille constitue l'instance principale de socialisation et son action s'avère primordiale pour la structuration ultérieure de la personnalité. C'est en effet dans le cadre du milieu familial que se forge le système de dispositions à partir duquel seront filtrées toutes les autres expériences de la vie sociale. Cette action prépondérante de la famille s'explique par trois facteurs essentiels : d'abord elle intervient dès le plus jeune âge de la vie au moment où la personnalité de l'enfant est la plus malléable ; ensuite elle est particulièrement intense en raison des contacts quotidiens entre enfants et parents ; enfin elle se déroule dans un climat affectif qui rend l'enfant particulièrement réceptif aux apprentissages nouveaux.

jean Étienne, Françoise Bloess, Jean-Pierre Noreck et Jean-Pierre Roux, Dictionnaire de sociologie, Hatier, 1995.

- pourquoi la famille occupe-t-elle une place particulière dans les processus de socialisation?

- qu'est-ce qui est transmis au cours du processus de socialisation familiale ?

C'est au sein de la famille que l'on apprend les règles d'hygiène, le langage et la politesse.

L'importance de la socialisation familiale est révélée par les transmissions d'engagements politiques, religieux et moraux = idéologies.

D'une génération à l'autre sont transmis, au sein d'une famille (notion d'héritage de Bourdieu):

- un CAPITAL économique : biens mat et fi.

- un CAPITAL culturel : niveau culturel, maîtrise du langage, conséquence des usages.

- un capital so : les relations.

Notion d'habitus : manière de percevoir, de ressentir et de dire, ensemble des goûts et des comportements, qu'un individu reçoit de sa famille et de son milieu social. C'est en fonction de cet habitus que tout homme agit dans la société.

La socialisation familiale peut se poursuivre à l'âge adulte.

2. L'école

Textes.

Quels risques présentent une éducation entièrement privée ?

Quels sont les objectifs d'une éducation nationale ?

B- Les autres agents de socialisation

Médias, entr, Eglises, gr de pairs sont autant d'autres instances de socialisation.

Ex des groupes de pairs : les rallyes et les bandes.

Le groupes de pairs se caractérise par des valeurs et des traditions communes qui se traduisent par des habitudes langagières, vestimentaires ou alimentaires.

III. Des processus variables et potentiellement contradictoires :

A- La diversité de la socialisation selon l'époque, le lieu, le milieu et le sexe.

Ex de la nourriture : dans le tps (Norbert Elias La civilisation des moeurs : intro de la fourchette), dans l'espace (dans le monde ms aussi selon les régions (Frce du beurre et de l'huile)), dans les milieux (bourgeois/pop).

Dder aux élèves de trouver d'autres exemples.

T.D. sur la construction sociale des identités sexuelles.

Introduction des ntions de rôles et statuts.

B- Possibilité de contradictions entre les différents niveaux de socialisation.

Ex des rapports famille/école dans l'explication de la réussite scolaire.

La famille peut transmettre des normes et valeurs qui se trouvent en conflit avec celles que chercher à inculquer l'école.

La socialisation familiale

La famille constitue l'instance principale de socialisation et son action s'avère primordiale pour la structuration ultérieure de la personnalité. C'est en effet dans le cadre du milieu familial que se forge le système de dispositions à partir duquel seront filtrées toutes les autres expériences de la vie sociale. Cette action prépondérante de la famille s'explique par des facteurs essentiels : d'abord ils interviennent dès le plus jeune âge de la vie au moment où la personnalité de l'enfant est la plus malléable ; ensuite elle est particulièrement intense en raison des contacts quotidiens entre enfants et parents ; enfin elle se déroule dans un climat affectif qui rend l'enfant particulièrement réceptif aux apprentissages nouveaux.

J. Etienne, F. Bloess, J.P. Noreck et J.P. Rioux, Dictionnaire de la sociologie, Hatier, 1995.

L'école comme instance de socialisation

L'enfant dit-on est d'abord à ses parents : c'est donc à eux qu'il appartient de diriger, comme ils l'entendent, son développement intellectuel et moral. L'éducation est alors conçue comme une chose essentiellement privée et domestique. Quand on se place de ce point de vue, on tend naturellement à réduire au minimum possible l'intervention de l'Etat en la matière.

Mais si, comme nous avons essayé de l'établir, l'éducation a, avant tout, une fonction collective (...), il est impossible que la société se désintéresse d'une telle opération. (...) Si elle n'était pas toujours présente et vigilante pour obliger l'action pédagogique à s'exercer dans un sens social, celle-ci se mettrait nécessairement au service des croyances particulières. (...) Il faut choisir : si l'on attache quelque prix à l'existence de la société, il faut que l'éducation assure entre les citoyens une suffisante communauté d'idées et de sentiments sans laquelle toute société est impossible ; et pour qu'elle puisse produire ce résultat, encore faut-il qu'elle ne soit pas abandonnée totalement à l'arbitraire des particuliers.

Du moment que l'éducation est une fonction essentiellement sociale, l'Etat ne peut s'en désintéresser. Au contraire, tout ce qui est éducation doit être, en quelque mesure, soumis à son action.

Emile Durkheim, Education et sociologie.

Il n'existe pas d'autres pays que la France qui ait construit son système scolaire, à ce point, contre le système familial. Dans la tradition française, (...) l'Etat, dans sa prétention à l'universel, a seul le droit à dispenser une éducation ; l'arrachement de l'enfant à sa famille est ainsi tenu pour une libération des entraves du local - ce local toujours suspecté d'enfermer l'enfant dans ses racines, dans le patois et les inégalités, suspect de le séparer des autres. L'école a ainsi pour vocation de réunir les enfants les uns aux autres en les détachant de familles perçues comme toujours renfermées sur elles mêmes.

Philippe Mérieu dans Ecole - familles, le malentendu, Textuel, 1997.

L'ENFANT SAUVAGE

Réalisé par François Truffaut (1969)

Adapté des mémoires de Victor de l'Aveyron par Jean Itard

1- Comment se passent les premières rencontres entre l' « enfant sauvage » et les hommes ? Pourquoi ?

2- Pourquoi le considère-t-on comme un anormal, un idiot ? Est-il vraiment aveugle et sourd ?

3- Quelle définition sociologique pourrait-on donner d'un « enfant sauvage » ?

4- Comment marche-t-il ? mange-t-il ? dort-il ? Comment réagit-il quand on lui met des chaussures ? Qu'est-ce que cela nous apprend sur les actes de la vie quotidienne ?

5- Pourquoi, dans la première partie du film, ne pleure-t-il jamais même lorsqu'il est maltraité ?

6- Comment réagit Victor face à l'injustice ? (distinguer selon les moments du film)

7- Qu'apprend-il peu à peu ?

8- Comment fait-il ces apprentissages ?

9- A la fin du film, pourquoi revient-il chez le docteur ?

10- Pourquoi l'expérience de l'enfant sauvage nous apprend-elle beaucoup sur le processus de socialisation ?

L'ENFANT SAUVAGE

Réalisé par François Truffaut (1969)

Adapté des mémoires de Victor de l'Aveyron par Jean Itard

1- Comment se passent les premières rencontres entre l' « enfant sauvage » et les hommes ? Pourquoi ?

Les premières scènes du film sont plutôt violentes. Victor est alors considéré comme un animal sauvage qu'il s'agit de maîtriser par la force. Ces scènes montrent son incapacité à communiquer et à réaliser des actions avec les hommes. Il ne connaît ni leur langage, ni les codes sociaux nécessaires. De ce fait, il semble bien incapable de vivre au milieu d'eux, de vivre en société.

Þ On comprend alors que l'homme ne naît pas social, mais qu'il le devient.

2- Pourquoi le considère-t-on comme un anormal, un idiot ? Est-il vraiment aveugle et sourd ?

Ses capacités de réflexion et de communication (connaissance et maîtrise du langage) n'ont pas pu être développées du fait de l'isolement dans lequel il a vécu jusqu'alors. Les gens qu'il rencontre considèrent que cet état résulte d'une anormalité biologique et non de son absence de contact social. On peut ainsi opposer le diagnostic du docteur Itard selon qui les facultés de Victor ont été « engourdies » à celle d'autres scientifiques qui considèrent qu'il a été abandonné et égorgé parce qu'il était anormal.

3- Quelle définition sociologique pourrait-on donner d'un « enfant sauvage » ?

Un « enfant sauvage » est un enfant qui a grandi en dehors de tout groupe social. Très jeune, Victor a été abandonné et a survécu à l'écart par ses propres moyens. Aucun adulte n'a pu lui apprendre comment se tenir face aux autres hommes, ni comment communiquer avec eux.

Þ C'est un enfant qui n'a pas été socialisé.

4- Comment marche-t-il ? mange-t-il ? dort-il ? Comment réagit-il quand on lui met des chaussures ? Qu'est-ce que cela nous apprend sur les actes de la vie quotidienne ?

Se déplacer, manger et dormir sont des actes qui répondent à des besoins physiologiques. Dans la forêt déjà, Victor se déplaçait, il se nourrissait et il dormait, sinon il serait mort. Par contre, sa façon d'accomplir ses actions est très différente de celle des hommes vivant en société. On en déduit que l'environnement social influence fortement ces pratiques.

Victor, dans la forêt, était nu. Il ne portait aucun vêtement, ni chaussure. Cela montre que le fait de s'habiller et de se chausser ne répond pas tant à une exigence naturelle, qu'à une exigence sociale. Question du rapport à la nudité et de l'habillement comme stratégie de distinction.

Þ On peut donc distinguer ce qui relève de l'inné (c'est-à-dire du biologique) et ce qui relève de l'acquis (provenant du contexte social et qui confère à l'homme ses caractéristiques proprement humaines).

5- Pourquoi, dans la première partie du film, ne pleure-t-il jamais même lorsqu'il est maltraité ?

Pleurer est un mode d'expression de la douleur. Il s'agit là aussi d'un acte social. Certes Victor doit souffrir des mauvais traitements qui lui sont infligés, mais il réagit différemment à cette souffrance (par la violence, la fuite par ex).

Ex des « pleureuses » dans les sociétés méditerranéennes à l'occasion de décès.

Un même genre d'argumentation pourrait être développé pour le rire (perception du ridicule, fou rire en réaction à un interdit, façon de rire).

6- Comment réagit Victor face à l'injustice ? (distinguer selon les moments du film)

Pendant longtemps, les sentiments du juste et de l'injuste sont étrangers à Victor. Ce dernier n'agit que par espoir d'une récompense. A la fin du film, au contraire, Victor se révolte vigoureusement lorsque le docteur Itard le punit sans raison. L' « ordre moral » aurait ainsi fini par pénétrer la conscience de l'enfant.

Þ La socialisation transmet un certain nombre de valeurs (telles que le juste) = choses ou manières d'être qu'une société considère comme idéales et désirables, orientant les actions et les comportements d'une société ou d'un groupe social.

Trouver d'autres ex dans le film (ex : la propreté) et ailleurs (ex : l'honneur, l'argent, l'égalité...)

7- Qu'apprend-il peu à peu ?

On lui enseigne certains mots, les lettres de l'alphabet ou encore (avec peu de succès) la prononciation (c'est-à-dire un ensemble de savoir que l'on peut qualifier de scolaires et qui visent à lui faire maîtriser le langage). Il apprend aussi comment réaliser les actes de la vie quotidienne (manger, ranger...).

Þ le langage, la façon de manger ou encore de s'habiller, sont des règles de conduite que l'on appelle en sociologie des normes.

Les normes doivent orienter les comportements en accord avec les valeurs du groupe social.

Þ La socialisation consiste en une intériorisation des normes et des valeurs (normes et valeurs au départ imposé par l'extérieur et que l'individu finit par faire siennes).

8- Comment fait-il ces apprentissages ?

On peut distinguer deux formes d'apprentissage :

- un ensemble d'inculcations conscientes et méthodiques délivrées par le docteur Itard. Ex des lettres de l'alphabet.

- des formes in-intentionnelles et diffuses (selon le mode de la familiarisation et de l'interaction). Ex du jeu de la brouette avec un autre enfant.

9- A la fin du film, pourquoi revient-il chez le docteur ?

Le fait que Victor mette fin à sa fugue, montre que désormais, il ne peut plus vivre loin des autres hommes. Il est donc lui aussi devenu un être social du fait du processus de socialisation qu'il a subi.

10- Pourquoi l'expérience de l'enfant sauvage nous apprend-elle beaucoup sur le processus de socialisation ?

« Tout ce qu'il fait depuis son arrivée à Paris, il le fait pour la première fois », rappelle avec beaucoup d'enthousiasme le docteur Itard. L'expérience de ce type d'enfant permet de saisir ce que serait un être humain privé de toute influence sociale et donc d'en percevoir « en creux » l'importance. On peut donc dire à la manière de Patrick Champagne que « les individus, du point de vue de la sociologie, sont des « supports biologiques » sur lesquels s'exercent des conditionnements sociaux, qui en retour, modifient et transforment les supports biologiques » (La sociologie, 1997).

Elle nous montre que la vie en groupe, la fréquentation d'autrui est nécessaire, pour que l'enfant se développe et apprenne à vivre en société.

Enfin, le cas de Victor met en évidence le fait que le processus de socialisation peut avoir lieu même après la petite enfance.

Evaluation formative :

I. Dire si les actes suivants répondent à une exigence naturelle ou s'ils sont largement influencés par l'environnement social :

- se marier.

- bâiller.

- se laver.

- parler.

II. Dans la liste suivante, indiquez les termes qui sont relatifs à une valeur et ceux qui sont relatifs à une norme :

- la fidélité.

- la politesse.

- les fiançailles.

- l'honnêteté.

III. Triez les exemples suivants selon qu'ils relèvent de l'inculcation ou de la familiarisation :

- faire la fête.

- écouter un cours.

- acheter des chaussures.

- la visite chez le dentiste.

ses@ac-versailles.fr

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